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Noémie et les garces

Noémie … Un si joli prénom … Une si petite fille. Si fragile. Elle pourrait s’appeler Charlotte, Marie, Fatima ou Shoshana.

Elle est née, mais va vite le regretter. Elle va subir les pires outrages depuis le berceau. Coups en torrents, attouchements sexuels, inceste, viol. Et insultes. Depuis sa naissance, sa mère la traite de « sale petite garce » et lui reproche tous les maux de la terre. Noémie va grandir en étant convaincue de la véracité de ces reproches. Après tout, si sa mère le dit, c’est que c’est vrai. Elle est vraiment une garce. Elle va grandir, en développant sa personnalité autour de ces propos et comportements violents.

 

Nath Appolline

Nath Appolline

 

Comment croire qu’une mère est capable de droguer sa fille, de la violer jusqu’au sang ? Comment croire qu’aucun médecin n’a pu se rendre compte de la détresse de cette enfant ?

Nath Appolline te raconte les déboires de Noémie dans son ouvrage paru cette année, « Une enfance en enfer », chez Airveys Editions.

 

Tu voudrais croire n’est-ce pas, que ce ne sont qu’oeuvres de fiction ? Nath, comme d’autres, comme moi, a été victimes de violences au sein même de sa famille. Elle oeuvre aujourd’hui au sein de plusieurs associations de défense, notamment pour dénoncer l’inceste maternel.

J’ai reçu son ouvrage pour le promouvoir en tout début d’année. Et je la remercie vivement de sa compréhension quant à ma difficulté à vous en parler.

Noémie c’est un peu moi. Une mère errante qui me confie à une famille déglinguée. La mère qui me laisse toute la journée sous un soleil de plomb, sans boire ni manger, dans une cour envahie de poules et de leurs fientes. Le fils, proclamé père, qui n’est que le dealer de ma mère, et qui me frappe avec ses dread locks et tout ce qui traîne. Et son frère … son frère qui introduit ses doigts sales dans mon intimité pendant mes rares heures de repos … Je suis incapable de dormir cul nu … anecdotique …

Noémie c’est un peu moi. Une mère adoptive tenant des propos écrasants et culpabilisants. Vivre et grandir dans la peur. N’avoir aucune attache. Être toujours prête à partir.

Mais je ne finirai pas comme Noémie … A moi, on ne cessait de me rappeler que « je suis une bienheureuse ». Même si c’était pour m’asservir, j’ai intégré le principe. Et je suis en effet bien heureuse, aujourd’hui.

Mais je pense à ces femmes détruites, violentes envers elles-mêmes, violentes envers leurs entourages. Ces femmes qu’on a détruites depuis l’enfance. Quand j’aborde une femme en souffrance, je ne la juge jamais. Car la « peine » peut remonter si loin. La violence devient à tel point son ADN qu’elle reproduit les schémas.

Si tu veux des chiffres, va chez Jordane. Il a écrit son meilleur article, je crois. Et son conseil est le meilleur que tu puisses recevoir.

Et vraiment, si tu veux savoir tout ce qu’il ne faut pas dire à un enfant, apprendre à regarder avec amour et ne pas juger, être une oasis pour les âmes souffrantes, lis cet excellent ouvrage de Nath Appoline, « Une enfance en enfer »

Nath, encore merci pour ton engagement

 
16 Commentaires

Publié par le 22 septembre 2014 dans Grosso Modo ...

 

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