RSS

Archives de Tag: émotions

Si Tu Pars …

Je ne sais pas trop ….

Même ici je n’ai jamais bien sur dire mes émotions.

Depuis quelques semaines, je ressens de grandes difficultés à écrire. J’ai du mal à mettre en mots ce que je ressens. A défaut, je mets en maux. Mal à la cheville, refus de soins sur une dent … bref, que du très glamour, tu me connais …

Déjà, quand j’ai relevé le défi de l’article érotique, j’ai eu un mal fou à exprimer un début de commencement d’émotions … c’est pas faute d’en avoir pris plein le … je m’égare. Et je me remets des barrières plus hautes encore.

Des barrières pour ne pas me voir.

Sois disant pour rester ancrée dans le présent. Alors oui hein, concrètement, ça marche. Ça m’évite de m’envoler. Mais putain de cœur de merde !!! Je te jure, quand tu crois que tu as enfin maîtrisé l’esprit, ce bâtard d’enculé de sa race continue à vivre. Ça tourne, ça tourne, ça tourne, encore et encore et puis ça chauffe, ça brûle. Je me sens prise de nausées, tu vois. Parce que je voudrais hurler, mais il est hors de question que ça sorte. Hors de question. Seulement en rêve. Et encore … Même pas, ça reste coincé dans ma gorge. Tu t’imagines, ça monterait à mon cerveau, le bordel que ça ferait …Déjà que c’est pas bien rangé … Oui, je refuse de me voir …

Des barrières pour que tu ne me voies pas

Ce regard … sa mère … c’est pas possible ! Achète toi des RayBan, putain !!! Nounou m’avait dit que je te reconnaîtrais à ton regard. Mais ce petit Trouduc ne m’avait pas dit que ton regard me brûlerait. Je n’ai pas l’habitude, tu sais. J’ai l’habitude d’être cachée. J’a l’habitude d’être enrobée. Je suis enrobée. Et toi, déjà que je ne sais pas d’où tu sors, (ni où tu vas d’ailleurs, hein …) Et tu me regardes. Tu me fous à poil. Pas seulement avec tes caresses et tes baisers. Tu me transperces avec ton regard jaune. Un flot d’or. Je suis recouverte d’or. Je suis habillée en tenue de fête. Tu me revêts d’une parure royale. Non faut pas déconner. Mais presque. Tu vois, là ça monte au cerveau et je pars en sucette.

Bordel de char à bite

Vu que je suis ici et maintenant, ça va. Je ne freestyle pas. Je ne me projette même pas. Je vis. Je savoure. Je te déguste. Je te dévore. Je te découvre. J’aimerais que mon regard aussi te foute à poil : tu verrais ce que ça fait ! En fait, je crois que j’adore ça. Ça fait comme dans les manèges que je déteste. Tu sais, ceux où tu crois que tu vas vomir ton cœur. Je sais qu’après tu m’embrasseras et te repaissant de mes chairs, je me liquéfierai sous tes doigts. Ôooooo ***

Mais j’ai peur …

Que tu ne m’aimes pas ? Non. Déjà, pour se demander si on s’aime, il faudrait comprendre des trucs. Et tout est bien trop chelou entre nous. Et même si je me demande pourquoi tu es dans ma vie en ce moment, il y a pléthore de choses que je ne veux pas comprendre.

Que tu en aimes une autre ? Ou d’autres ? Non. Je ne sais pas ce qu’est la concurrence. J’ai grandi entourée de filles. En uniforme. J’ai appris que la personnalité transforme un être. Je suis moi. Elles sont elles. Si tu les veux, elles, tu ne les trouveras jamais en moi. Si tu les cherches en moi, tu ne trouveras que moi.

Que tu me bouffes ma liberté ? Non. Tant que tu t’intéresses à moi, sans m’oppresser. Sans me demander des comptes. Tant que tu me laisses grandir à mon rythme.

Que tu partes ? Non. Même si les matins me sont de plus en plus pénibles. « Faire la fille » ne suffit jamais à te faire rester. D’ailleurs, je ne veux pas que tu restes. Je ne veux pas que tu sois là. Seulement que je compte pour toi. Seulement que je me demande ce que tu fais. Seulement que je m’astreigne à ne pas penser à toi …

Je n’ai pas peur que tu partes.

 

Mais si tu pars, reviens …

Amour et liberté

 

*** Private joke avec mes sauces

 

Publicités
 

Étiquettes : , , , , , , , ,

Ta Gueule !

Je suis pas la meuf ronchon qui râle tout le temps. Généralement, mais très généralement, je suis le boute-en-train, la bonne copine, celle qui aime que tout se passe bien.

Je suis le genre à m’assurer que les gens soient heureux autour de moi. Du genre à me faire chier à connaître les allergies des uns et des autres quitte à ce que le plat n’ait plus du tout le goût escompté.

Je sais …

Je suis la meuf hypersensible, qui ressent les émotions des autres, voire malheureusement, qui les absorbe façon éponge. Tu auras beau me faire le plus grand des sourires, tu peux facilement être désarmé par mon regard implacable. Je vais souvent essayer de te faire cracher le truc. Parce que je sais que ça fait mal de le garder en soi. Parce que je sais que je ne te jugerai pas. Parce que je sais que je peux entendre.

Pourtant, ces temps-ci, je trouve que tu abuses. Tu te permets des comportements et des réflexions qui m’espantent.

Quand je dis « je sais« , c’est parce que je me connais. Et je connais mes limites. Alors j’aimerais, quand je cesse d’être celle que tu attends que je sois, ta latrine dans laquelle je te permets de chier liquide, que tu respectes le panneau « toilettes bouchées ».

Merci de tirer la chasse !

Mon coeur après tes confidences

Quand tu viens me vomir au petit déjeuner tes problèmes de couple, sans un « bonjour comment ça va », mais parce que tu sais que tu peux me parler, mon ego ne suffit pas à me protéger de la colère que tu vas déverser.

Quand tu m’appelles quatre fois sur mon portable, et autant sur mon fixe, que je te réponds par sms que je te rappelle car je vomis mes tripes, pourquoi me laisser un message pour m’annoncer un décès ? Alors oui, il y a mort d’homme, mais à ce stade-là, tu crois que je peux le ressusciter ? En plus du fait que je sois malade, il fallait aussi me détruire le moral ?

Tu vois, ce ne sont que des exemples. Mais je pourrais t’en donner au moins un par jour. Alors parfois, tu penses bien que j’aie besoin de souffler. Alors je le dis à ma manière. Et puis je le dis là où le plus de monde pourra l’entendre. Comme ça je le dis une fois pour toutes.

J’ai fait ça la semaine dernière. J’ai demandé un appel au calme. On m’a demandé d’arrêter de chouiner, parce que mon bébé à moi n’est pas mort. En voilà une autre étrange façon d’annoncer les choses. Sans aucune violence.

Puis une autre mère la morale est venu me parler du qu’en dira-t-on et de mon image sur le net.

Manque de bol, en plus de ma fatigue et de mon ras-le-bol plein le cul, leurs attitudes sont venues faire résonner des blessures d’enfance.

Tais-toi et souris …

A toi qui te demandais pourquoi je ne m’épanche pas, voici la réponse. En dehors du fait que je ne sois pas une plaie purulente, rien dans ma vie ni dans ce que vous m’offrez de la vôtre ne me donne envie de m’épancher. Me confier, pour moi, c’est pleurnicher, me plaindre, et j’ai énormément de mal avec ça. Malgré le fait qu’elle soit une grande pleureuse devant l’Eternel, ma daronne adoptive m’a toujours appris à me taire et sourire.

Quand tu entends des adultes parler des difficultés de ta mère adoptive et du comportement que tu dois avoir avec elle, tu te tais et tu souris. Personne ne s’intéresse ni ne te demande ce que tu ressens. Personne ne saura jamais que tu as peur de cette femme. Personne ne sait que tu te sens en danger avec elle. Tais toi et souris, car elle a besoin que tu te comportes comme sa gentille petite fille.

Quand tu grandis dans la peur de mal faire, de mal être, sous le regard des gens, tu te tais et tu souris. J’avais une chambre qui était celle de mes soeurs. Deux lits, qui étaient ceux de mes soeurs. Une bibliothèque avec mes livres. Et un attaché case dans lequel il y avait une valisette en osier avec mes Barbies, et quelques bouquins, car je ne pouvais pas emmener toute l’étagère. Chaque jour, je vérifiais mon kit de survie. Prête à partir. Au cas où quelque chose dans mon comportement déplaise et que je finisse à la DDASS, comme promis. On s’en fout que tu aies peur, petite. Tais-toi et souris.

A force de te taire et de sourire, tu accumules la peur et la colère. Tu ne sais plus trop bien pourquoi. Surtout tu ne sais pas trop comment l’évacuer. J’ai tout mis dans ma corpulence, à la fois pour me protéger des agressions, mais aussi pour revendiquer une place, une voix. Quelques soient les circonstances, tu te tais et tu souris.

Ainsi, un jour, dans un groupe de prières, un homme s’est avancé vers moi pour me demander de prier avec lui. J’étais enceinte de 4 mois. Et il m’a dit les larmes dans les yeux, qu’il avait tué son enfant trisomique. Il y a prescription. Tu souris, tu le bénis et tu demandes au père qu’il est de prier pour que l’enfant que tu portes se développe bien. Et tu te tais.

Je te raconte aussi la fois où mon mari m’a trompée ? Tu vois, je ne l’aimais pas. J’étais malheureuse. Mais je n’ai jamais manqué de respect. Personne n’a jamais su mon désarroi. Parce que je me suis mariée à cause du qu’en dira-t-on. J’ai eu peur de divorcer à cause du regard de mon Eglise. Pourtant, ce jour-là, j’ai essayé de hurler ma colère. Je me suis levée un matin. J’ai cru qu’il s’agissait de ma session Facebook qui était ouverte. J’ai lu mon message privé. Une fille (moche) me disait que je lui manquais et qu’elle avait envie de me faire des trucs dans la voiture de ma mère. J’ai voulu hurler, non parce que j’étais cocue, mais parce qu’il m’avait menti. Il a pris son grade après m’avoir dit : « en sept ans, je ne t’ai jamais vue en colère, je peux bien te laisser parler et me taire« . Mais c’est encore moi qui me suis tue. Tu vas croire le contraire, mais ce que je vais te raconter, il l’a fait en toute innocence. Il m’a confié quelques jours plus tard les tenants et les aboutissants de son plan cul de l’été. Il m’a parlé comme à une bonne copine. Mais c’est à sa femme qu’il a montré des photos de la vulve de sa maîtresse. Je me suis tue et j’ai souri.

Qui veut le respect s’en procure …

Toi aussi, tu peux dire que tu ne m’as jamais vu en colère.

Et pourtant, UNE seule personne est venue me demander ce qui n’allait pas. En dehors d’elle, je n’ai entendu que jugement, que défense de l’autre harpie, en se basant sur ses allégations. J’avais envie de hurler, de vous démonter la gueule, de vous faire bouffer vos claviers. De vous tuer. J’avais envie d’être odieuse et de vous vomir à tous tout le mépris que j’ai pour vous ces jours-ci. Je vous ai détestés comme jamais je n’ai détesté personne ! J’en tremble d’un plaisir non coupable de vous le dire !

Clairement non, je ne vais plus me taire, ni sourire ! Plus jamais !

Je vais exiger le respect qui m’est du et que vous ne me donnez pas.

Je vais cesser de vous laisser me cracher à la gueule, m’infecter de vos émotions négatives. Ce mois-ci, on fête mon anniversaire et ma nouvelle naissance !

Pour rappel (ou information selon les cas), quand on a un minimum de respect pour quelqu’un, on peut procéder ainsi :

« Bonjour, ça va ? [tu as compris que je ne répondrai pas à cette question, jamais]. Est ce que tu as un instant à m’accorder s’il te plaît ? J’aurais une difficulté à te soumettre. Merci »

Parce que je n’ai jamais refusé mon oreille et mon cœur à quiconque, mais que parfois, moi aussi, je vis des choses difficiles dont je ne parle qu’à ceux qui savent spontanément m’ouvrir leur cœur pour que j’y repose le mien.

Parce que moi aussi je peux être fatiguée, avoir mes règles, ou subir une croix cardinale avec Mars en Bélier. Parce que moi aussi je peux juste en avoir marre de la morosité ambiante.

Parce que je n’ai absolument pas à me justifier devant qui que ce soit des décisions que je prends pour mon bien.

Tu vois, ma vie a été ce qu’elle est et a eu son lot de douleurs. Mais est ce que je dois réellement tout te raconter pour que tu comprennes mes décisions ?

 

 Toi, ferme ta gueule !

Le 28 mai, la petite fille va avoir 35 ans Elle chie sur ce que les gens pensent d’elle, car elle est fière d’être la femme qu’elle est aujourd’hui. Elle est fière de sa vie, car ses épreuves lui ont appris la compassion. Et à force de souffrir de cette compassion, elle a appris à se respecter. Enfin. son respect elle va se le procurer. Enfin. Et si ça ne te plait pas, c’est toi qui ferme ta gueule et qui te casse, surtout sans te retourner. Vraiment, tu m’as trouvée violente ? Mais tu ne sais pas toute la crasse (ta crasse, au demeurant) que j’ai eu envie de te balancer. J’ai été, figure-toi, douce et mesurée !

La petite fille ne se taira plus en souriant

 

La petite fille ne se taira plus

La petite fille ne se taira plus

 
 

Étiquettes : , , , , , , , , , ,

Ce que je sais de Fernanda

Des fois, les larmes ne se voient pas

Des fois, les larmes ne se voient pas

 

Elle est née le 28 mai 1979, à Fort-de-France, en Martinique. Comme un cadeau offert un jour de Fête de mères, à son adolescente de daronne. Cette dernière est arrivée à la maternité de la Redoute, assise à l’arrière de la Chapi de celle qui deviendra sa soeur.

Ca y est, lecteur, je t’ai perdu.

Comme beaucoup, je ne suis pas une enfant désirée. Je suis un accident de parcours dans la toute jeune vie de ma mère. Elle a eu une histoire trop agitée, fréquenté les mauvaises personnes, et elle moisit en foyer de réinsertion. A 51 ans.

« On » m’a dit qu’elle traînait les rues, buvait de l’alcool, fumait de l’herbe. Je suis donc un miracle : un beau bébé, avec tout bien placé, et un énorme QI.
Quant à celle qui deviendra ma sœur, il s’agit de l’homonyme de ma mère. Son amie d’enfance. L’assistante sociale qui a fait son travail avec les pieds, m’a placée en famille d’accueil sur l’insistance de mes sœurs, parce que ça semblait une maison correcte. Il y a eu un jugement provisoire. La Justice m’y a oubliée. Aucun contrôle. Rien. Comme dans la maison de l’un de mes pères présumés, j’aurais pu y être battue et violée, personne n’aurait su.

Et personne n’a su, sauf ma sœur, que je passais de la violence physique à la violence morale. Et quand elle est morte, il y a 2 ans, j’ai appris que ma « mère adoptive » ne me voulait pas. C’est donc pour cela que je n’ai jamais été présentée comme étant sa fille, mais « comme la petite qu’elle a recueillie ». Comme son trophée. Sa bonne action. Et de fait, je lui suis « redevable » car, « sans [elle] j’aurais fini à la DDASS ». D’ailleurs, point de rébellion possible si tu ne veux pas « finir au foyer de Rivière l’Or » ! Elle m’a longtemps dit qu’elle ne m’adopterait pas parce que j’avais déjà une mère. En fait, c’est seulement parce qu’elle ne veut pas de moi. Et oui on va me parler encore de ma scolarité en école privée, de mes chaussures et mes robes de luxe. Oui, oui, oui. Très approprié quand tu vis en cité et que tu portes un uniforme. Je sais, je suis redevable …

Je ne connais pas mieux ma famille d’origine, tu sais. Celle dont je porte le nom. Je bénis ma tante religieuse et ses nièces pour tous leurs efforts d’intégration et l’amour enveloppant qu’elles me portent. Mais. Mais souvent, je ne me sens pas à ma place dans cette famille. Et elles n’y sont pour rien. Je me sens comme l’erreur de jeunesse, l’échec d’une éducation bourgeoise. Et encore, je ne sais pas vraiment. Comme dirait ma « mère », je suis « une demoiselle T.  »
Même ressenti du côté de ma famille paternelle. L’autre père, le petit bourgeois, pas le rasta. Même si ma daronne a beau dire que ce n’est pas mon père. Elle le déteste. Ou elle l’aime trop. Ce n’est pas de sa faute si ma grand-mère, honteuse, l’a exilé à Paris. J’ai fait sa connaissance à l’âge de 16 ans. Je regrette. Il peut crever, j’en ai rien à foutre. J’ai su à l’annonce du décès de mon grand père, il y a 2 mois, que ce dernier avait des sœurs. Voilà.

Voilà pourquoi la famille a un sens. Pourquoi j’en rêve. Pourquoi je me suis mariée avec le premier tocard qui m’a demandé. Pourquoi ce que tu penses être un petit bout de papier à la con, a une importance capitale pour moi. N’être vraiment la fille de personne. Devenir la femme de. Tâcher d’être une bonne mère pour.

Alors tu vois, côté émotions, j’ai le cortex préfrontal un peu saturé. Je suis une éponge. Je ressens les choses et les gens, je les appréhende, je les anticipe. C’est ça être surdoué. On n’est pas des bêtes de cirques, juste capables de résoudre des équations mathématiques de tête. Ma daronne le peut, elle m’épate. Moi, je suis archi nulle en maths. J’ai d’autres talents, t’inquiète. Mais les émotions, quel bordel.

Parfois, ça vous saute à la gueule comme ça …

Et donc dimanche soir, j’ai eu une réaction épidermique. Je devrais plaindre ma victime, mais je doute de son innocence. Un peu à cause de tout ce que j’ai expliqué plus haut (même si tu ne vois pas le rapport avec l’affaire), j’ai pris l’habitude de fermer la gueule à mes émotions, pour ne pas déranger, pour faire plaisir, pour ne pas … finir à Rivière l’Or, ou en foyer de réinsertion. Et ma raison, cette salope, prend le dessus. Elle est capable de me faire croire les pires trucs pour peu que mes émotions ferment leur gueule et restent coincées dans mes amygdales.
Mais tu vois, des fois, je m’attache aux gens. Les émotions sont en équilibre avec la raison. Je mens quand je dis que je me donne totalement. Je ne sais pas exprimer ma joie, autrement que par un sourire figé qui ressemble plus à un rictus. Et quand je suis triste, il faut bien plusieurs jours avant que j’aie une fuite urinaire oculaire. Ça me gonfle. Littéralement.

Dimanche soir, j’aurais préféré me prendre vingt fois un coin de porte dans le petit orteil plutôt que de lire/ressentir qu’on ne me faisait pas confiance. Parce qu’on dit que la confiance se mérite. Et mon cerveau de handicapée émotionnelle se demande forcément (quand la raison ferme sa gueule) ce que j’ai bien pu faire pour ne pas avoir mérité qu’on me fasse confiance. Ne suis-je pas respectable ? Alors parfois, ma raison, prise de remords, me dit que les gens normaux ont besoin de temps. Et je repense à mon Roudoudou qui me demande « du temps pour quoi ? lasser tes godasses ? »
Parce qu’en vrai, quand tu ressens les émotions des autres, encore plus fort que les tiennes, quand les situations semblent claires et l’horizon dégagé, tu ne comprends pas pourquoi tout n’est pas plus simple. Tu pourras venir avec toutes les excuses de la terre, je les entendrai. Et c’est aussi pourquoi je ne comprendrai pas que tu ne me fasses pas confiance.

Et c’est à cause de tout cela que je me sens aussi facilement rejetée. Que j’ai pris chaque SMS où tu penses t’expliquer comme une volée de coups de bâtons.

Et c’est pourquoi c’est le second été que je pleure ma sœur. Elle est morte en décembre. Mais les vacances d’été ont toujours été le temps de nos retrouvailles.

Et c’est pourquoi je veux vivre en Région parisienne. Parce, finalement, la ligne A du RER est mon refuge. J’ai eu l’espoir plusieurs fois de voir ses jambes nues et son genou crochu galoper dans les couloirs. C’est pourquoi j’ai peur d’aller dans le 9ème par crainte de ne pas la voir dans les rues, fouinant dans les boutiques, à la recherche d’une bricole pour moi.
Depuis elle, personne ne m’a fait confiance aveuglément. Je n’ai jamais eu à composer avec elle. Je n’ai jamais eu à lui être redevable (et pourtant, je lui dois la vie …). Elle m’a appris à ne compter que sur moi, tout en étant toujours dans les parages. Même le temps d’un été. Elle a cru dès mes débuts sur cette terre, en mon avenir et mes capacités. Son amour, malgré son absence physique a rendu ma vie féconde.
Pourtant, avec cette blessure purulente que tu as réveillée, mon ami, j’aurais bien besoin de ses mains chaudes qui me caressent l’intérieur du bras avant de m’envelopper dans les siens.

Désolée. Mon mode d’emploi n’est pas au point, ni même traduit dans toutes les langues. Mais en gros, je gère les émotions avec la maturité d’un enfant de 2 ans. Promis, j’apprends cet été, je me fais accompagner d’une étiothérapeute.

Alors si la confiance se mérite, qu’il faut laisser le temps au temps, que la pudeur est une vertu remarquable, et que pardieu, la patience est la mère des vertus, hé bien pardon de ne pas avoir les réactions respectueuses des convenances. Sur ce chemin, je marche peut être trop vite, et c’est peut être pour cela que je boîte. Peut être devrais-je fermer ma gueule et t’attendre ? C’est hyper difficile, ça … Je ne sais pas trop, avant je faisais juste l’effort de fuir. Vite et loin. J’ai envie d’essayer autre chose … Je suis preneuse de toute bonne idée.

PS1 : M’a fallu un effort de guedin pour écrire ça. Je me sens à poil un 14 juillet, debout devant la tribune présidentielle, sous les caméras de France Télévisions, là …

PS2: Désolée Epsilon, je pense que tu vas encore en bouffer des mes émotions « futiles ». Je t’aime quand même spèce de malpoli…

 
21 Commentaires

Publié par le 2 juillet 2013 dans On est deux dans ma tête

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , ,

Very Bad Mood

Mouais …

Y’a vraiment des jours où faut pas, vraiment pas que je pose des questions importantes tard le soir. Ni à moi. Ni aux autres.

 

 

 

Depuis plusieurs jours déjà, je voulais parler sentiments, printemps, toussa … Et puis non. M’en fait si, parce que j’ai lu des trucs qui m’ont défrisé le poil depuis le bulbe. J’ai lu :  que les meufs sont  » plus dans l’émotion que dans la raison » et que du coup « c’est pas étonnant qu’elles soient plus exposées aux peines de coeur ».

En somme, faudrait penser à gérer les hormones cocotte. Et puis si en plus tu te baffres de Harlequin et de crème glacée, ça va pas le faire. C’est tellement condescendant comme remarque. Tellement ancré dans l‘imaginaire masculin. Figure toi que c’est le genre de conneries que les médecins  sortent aux femmes quand ils sont à court de diagnostic. J’ai une copine qui a une otite récidivante/récalcitrante. Ben vois-tu, c’est parce qu’ « elle est trop dans l’émotion ». C’est ne pas savoir qu’une femme va éplucher ton SMS à la fôte de franssè près, et pour peu que tu y mettes des ponctuations, va le lire à haute voix à ses copines pour chercher l’intonation juste que tu aurais pu y mettre. Analyse grammaticale et syntaxique, ouais ma gueule !

Mais bon, comme je ne suis qu’une femme et que je suis plus dans l’émotion que dans la raison, on me pardonnera la suite de cet article.

Je lis ensuite  qu’il faut se demander ce que notre ex nous a apporté en comparaison de ce que nous lui avons apporté. Donc c’est quoi l’idée de départ ? La relation amoureuse/amicale est une société, on y met chacun sa part, et on fait un bilan régulier pour partager les bénéfices ? L’amour est dorénavant une donnée quantifiable ?

Ben dis donc, je comprends pourquoi je suis en banqueroute, les gars ! Si j’avais lu ça plus tôt !

Si j’avais lu ça plus tôt, je serais aigrie et acariâtre, parce que sans déconner, j’ai vraiment des gens qui me refilent du toc.

Je vais plus loin, j’ai pas peur. Je gère pas mes émotions, je ne suis qu’une femme.

L’an dernier, j’avais écrit ça au sujet de ma vision de l’amour. J’y faisais la différence entre l’eros et l’agapé. En gros, la différence entre mes amis et mes amants tient au fait que je ne taille pas de pipe à mes amis. L’investissement reste le même : je me donne. Je donne mon temps, je donne mon énergie, je donne ma présence, je donne un sourire. Bref, je donne et je ne compte pas (mais si j’en crois l’idée du Condescendant, je devrais …)

Tu vois, même avec un plan cul, tu donnes (de la sueur ! … merde, j’ai réussi à rire quand même, pff vraiment, je ne contrôle pas mes émotions !). Quelque soit la personne qui entre dans ta vie, quelque soit la durée, quelque soit la qualité de ce qu’elle t’a donné, elle a donné. Ce n’est pas pour rien que j’écris après une rupture (enfin parfois, et puis je ne te dis pas tout …). Certaines de mes amies sont encore surprises que des années plus tard, je fasse l’éloge de My First. Ben ouais, il m’a donné ce qu’il a pu. Le silencieux journaleux de mes deux m’a aussi donné et beaucoup apporté. 

A force de condescendance (de maturité ? oserais-je ?) on oublie que l’autre en face nous donne ce qu’il peut. Il n’est pas responsable de nos ressentis. Ce n’est pas de sa faute si tu ne te sens pas aimé. Il n’est pas responsable si vous ne parlez pas les mêmes langages d’amour (tu as besoin qu’on te dise qu’on t’aime et lui parle plus avec son corps, tu as besoin d’être valorisé et encouragé, et elle ne sait faire que des cadeaux et des petits plats).

Ca vaut aussi pour l’amitié.

Je replace dans le contexte qui me rend d’humeur gremlinesque ce matin.

Hier soir, j’ai demandé de l’aide, un conseil. La réponse ne fut pas du tout à la hauteur de mes attentes. Cet avis était important pour moi. Parce que j’ai choisi la personne à qui j’ai demandé. Parce que la question me tenait à coeur. Les réponses m’ont donné l’impression que l’autre en face me prenait pour une connasse de crâneuse. Alors j’ai été me coucher triste, même un peu en colère. Oui, on peut baser une « relation » sur des corrections d’articles pour un mec qui ne daigne même pas vous faire la confiance de vous donner son nom. Mais dans ces cas-là, on sait qu’on n’a qu’une relation commerciale : on contribue à l’essor d’une marque. C’est tout. Je suis empathique, sympathique à souhait avec mes clients. Je me lie de tout coeur avec certains. Mais je ne m’implique pas émotionnellement dans un transfert de siège.

Alors, dis-moi, si je me base sur tes deux postulats, que les femmes sont plus dans l’émotion que dans la raison et que l’amour est quantifiable, je te fais un devis et je te classe dans mes relations professionnelles ? Ou mieux (pire ?) : je te zappe, en suivant ton conseil de virer les parasites ? (Ouh la, ça fait mal ce mot, pardon c’est … l’émotion.

Est ce que mon ressenti doit se mesurer à tes intentions ? (sauf si bien sûr tu es un affreux connard qui profite de ma gentillesse, et là c’est sans difficulté que je veux bien être dépourvue de raison …)

Tu vois, tout est don. Toutes les situations sont bonnes à vivre pour grandir, mûrir et choisir. Je te rassure … je vais de ce pas démonter mon vélo elliptique pour décharger les émotions que ma féminité déraisonnée exacerbe. Et je ne changerai rien. Je corrigerai tes fautes avec plaisir, ravie de la confiance et l’estime minimes (c’est mon ressenti, hein ….) que tu as la grande bonté de bien vouloir m’accorder, illustre inconnu condescendant …

Sur ce, bonne journée, à toi, à toi aussi là-bas, à toi devant et même à toi à qui j’ai donné du temps à hauteur de 2 appels par jour, tous les jours, pour que te soutenir dans tes épreuves et qui pour une raison que toi seule sait, ne me calcule plus du jour au lendemain. Sois heureuse et soigne ton karma. Le reste, le quantifiable, ça pourrit.

 

 
5 Commentaires

Publié par le 18 juin 2013 dans Grosso Modo ...

 

Étiquettes : , , , , , , , , , ,