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Harceleuses en série

02 Sep

L’an dernier, j’ai rencontré un militaire. Pas du genre gendarme de caserne. Du genre commando. A faire la guerre. On se plaisait bien et il a dû partir en mission à l’étranger. Du genre mission dangereuse. Tellement dangereuse que les commandos ont eu le renfort de la Légion étrangère. 

Toi qui n’as jamais vécu ça, tu es chez toi et tu flippes ta maman. Il est parti 4 mois. 4 mois à ne pas savoir ce qu’il adviendra de lui, de vous, de tout. 

Les femmes et filles de militaires m’ont donné le truc :

– Si des nouvelles de l’Armée : mauvaises nouvelles

– Si des nouvelles de lui : selon humeur du jour

– Si pas de nouvelles : bonnes nouvelles.

Aujourd’hui, je garde ça au fond de moi, car crois-moi, ça soigne la dépendance affective. 

Tu prétends ne pas savoir de quoi je parle ? 

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Tu rencontres un mec. Il te plaît. Vous échangez. Il te plaît encore plus. Tu as envie de passer du temps avec lui. Au début c’est cool, car lui aussi. Et puis il s’éloigne. Tu stresses. Tu appelles. Tu envoies des SMS. Tu le cherches sur les réseaux sociaux. Tu rappelles. Tous les jours. Plusieurs fois par jour. Tu demandes à tes copines de décrypter son comportement. Tu le harcèles. Il te fuit. Tu meurs. Voilà comment en peu de temps, tu foires une histoire.

Ce que j’ai appris de cette histoire c’est à investir mon quotidien. Pas de nouvelles ? Très bien. Je m’occupe de mes fils, de ma maison. Je bosse. J’écris. Je fais du sport. Et quitte à penser à lui, autant chercher une chose originale à lui raconter. Mais pour cela, il faut encore vivre des choses qui sortent de ta routine. Parce que 2 mails consécutifs à dire  » ça va et toi ? Rien de neuf sinon … », ben voilà …

J’ai rencontré un mec. Un civil cette fois. J’ai tenté d’appliquer ma nouvelle expertise. Les premiers temps furent ultra connectés. Des SMS à foison pour rien. Et puis, sans que tu saches pourquoi, il prend de la distance. Il se fait silencieux. Absent sur ta page Facebook. Tu sais au fond de toi que tout ça n’est pas grave. Il a une vie en dehors de toi. Des projets sans toi. Des amis que tu ne connais pas. Une famille à laquelle tu n’appartiens pas.

Et finalement, toi aussi. Tu as même des passions qu’il ne partage pas. Des secrets que tu ne lui confies pas. Tu es parfaitement capable de vivre sans lui, tu l’as fait jusqu’ici. 

Pour avoir parlé avec de nombreux mecs qui ne se sont pas contredits, j’ai appris que cette période de silence et d’éloignement leur était nécessaire. C’est un temps de prise de recul et de réflexion. « Hooo mec, calm down ! En vaut-elle la peine ? » Ben ma foi, si tu fais la stalkeuse, la réponse est vite vue, non ?

Alors je fais pareil. Je prends le temps de le regarder, de l’observer et de me demander valablement « Saura-t-il, non pas me rendre heureuse (je suis la seule à pouvoir faire ça), mais contribuer à ma joie ? » Avant cet apprentissage, je me serais perdue corps et âme. J’aurais tout donné. J’aurais donné plus que moi encore. Combien d’entre nous n’ont pas eu ce goût amer de s’être perdues et de ne plus se connaître ?

Je m’offre le luxe d’exiger des excuses, même pour des choses qui lui semblent futiles. Mais si elles me font mal et qu’il ne le sait pas, comment contribuera-t-il à ma joie ? Car sa vie n’a pas plus d’importance que la mienne. Et même, comment le rendre heureux si j’accumule les rancœurs ?

Pourtant, ce soir, je suis hyper triste. Profondément. Je me sens impertinente et inopportune. Encore une fois, pas à ma place. J’ai choisi de ne pas lui dire ce que je ressens. Et je trouve mes raisons valables. De toute façon, ce sont mes raisons, il n’y a pas de discussion à avoir. Et je ne peux pas lui en parler, ni même lui en vouloir, car je l’ai décidé ainsi. Femme que tu es versatile …

Je suis frustrée de ce temps que nous ne partageons plus. Je suis jalouse de ce temps qu’il partage avec d’autres. Ha la jalousie, douloureuse expérience. Je ne savais pas avant ce que c’était. Mais que c’est horrible et débile comme émotion !!! Je suis jalouse de l’air qu’il respire et oxygène son corps. Je suis jalouse de son con de chat qui passe entre ses jambes. Je hais son clavier que frôlent ses doigts. Je méprise  jusqu’à ses mains qui touchent son visage. 

Non, je ne peux pas le harceler. Non je ne veux pas le harceler. Il est beau quand il est libre. C’est libre que je l’ai choisi. C’est libre que je l’aime. 
Je ne veux pas le chercher sur les réseaux sociaux et tomber sur cette discussion passionnante qu’il partage mais pas avec moi. Je hais les réseaux sociaux et je me cache dans des groupes pour ne pas le voir, ne pas savoir.

Tu sais, avec le militaire, j’ai eu des moments noirs. Des bouffées d’angoisse. Je ne supportais pas son silence.

Parce que je ne supporte pas le silence. Pas quand j’ai mal. Dis quelque chose, bordel ! 

Je sais … je me suis tue la première … Mais parfois je le cherche, non ?

Comment provoquer les retrouvailles ? Comment les faire durer ? Comment tlui partager ma joie de le savoir là. Oui « là » est tout relatif en ce qui nous concerne, certes … Mais là quand même. Je me contente de le savoir présent à ce « là » qui me rassure. Peu m’importe qu’il parte, l’essentiel est qu’il y revienne. 

Parce que la peine qui m’étreint est celle- « là ». Il est parti sans me revenir. Il laisse mon coeur vide de son absence. Il revient en me rejetant, en me repoussant. C’est ainsi que je le ressens. 

Elle est brûlante cette boule qui monte de mon coeur vers mes larmes. Cette faiblesse qui anime mes membres. Cette envie de rien quand on désire tout. Ou presque. 

Car je l’ai voulu, je vais encore me taire. Ne pas lui dire que je l’aime. Qu’il me manques. Même s’il est « là ». Je vais rester aussi silencieuse que lui absent. 

Je ne crois pas qu’il réfléchisse à un quelconque avenir avec moi. C’est parfaitement absurde qu’il ne le fasse pas, car il contribue parfaitement à ma joie.

Car je suis en joie quand je le sais libre …

Je retourne à mon quotidien. Vivre des choses passionnantes qui ne l’intéresse pas. Pleurer mon ami disparu trop tôt. Préparer la rentrée des enfants. 

Et toi mon amie, je te le dis. Laisse-le libre. Comme la feuille d’automne vole dans le vent, il saura bien trouver le trottoir où reposer. « Là », il attendra que tu reviennes à elle et que tu la prennes avec délicatesse … 

Cesse de t’agiter …

(Au pire, prends un amant pour te consoler … Hinhinhin , je reste Fernanda, t’as cru que tu lisais un Harlequin ?)

 

 

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3 Commentaires

Publié par le 2 septembre 2013 dans Grosso Modo ...

 

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3 réponses à “Harceleuses en série

  1. mopourmots

    2 septembre 2013 at 19:42

    Tu veux l’expérience de la vieille maquée depuis 18 ans (glurp) ? Ben t’as raison : laisse le libre SI ET SEULEMENT SI il te rend la pareille. Et là c’est le top.
    Retour en arrière hiver 1997 (tu te souviens, pas d’internet, des téléphones à carte). Lui : « service militaire » en gwadeloupe pendant 16 mois au soleil avec les potes et les filles qui lui courent après. Moi à Lyon, 1er boulot avec patron horrible, sous payée. 1 coup de fil par semaine + des lettres. Bilan : il est rentré 🙂 Ouf ! j’ai compté les jours pendant 16 mois. Pas lui. Et alors, il est toujours là !!!

     
    • lagrossefernanda

      2 septembre 2013 at 19:44

      Je suis archi mega libre. Si tu poses l’hypothèse qu’il ne se passe rien entre nous : on est potes. Enfin moi je suis pas sa pote

       
  2. marie

    9 septembre 2013 at 15:27

    tiens ce que je lis tombe à pic. donc tout va bien puisque tu n’as pas de nouvelles :p
    respire !

     

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