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Un an plus tard …

19 Mai

Ça fait un an que je suis divorcée. Mais je suis seule depuis bien plus longtemps.

J’ai mis un an à digérer ce mariage foireux, les jugements à l’emporte-pièce qui l’ont accompagné, le statut de maman solo.

En 2006, je vis un crise existentielle. Je change radicalement de vie. Une envie folle de me consacrer à Dieu. Je rencontre des gens pas très miséricordieux, mais tellement convaincants. Je deviens catholique radicale. Là où la Foi commençait à me relever, les « Hommes de Dieu » ont infecté les blessures. A cette époque, je rencontre Ex-mari. Loseur invétéré, vivant dans une piaule crade, la main dans le slip devant des pornos à longueur de journée. Moi, je voulais me marier et fonder une famille. D’entrée de jeu, je me suis dit que ce mec était à fuir. Mais accusée de toute part de retomber dans mes prostitutions, je me suis convaincue qu’il serait le dernier. Et puis en plus, je suis tombée enceinte hors mariage. Diantre, la salope … 6 années pourries où tu abandonnes une carrière à 2500€ net en junior, pour être mère au foyer, et propulser un tocard dans son changement d’orientation : lui trouver une formation diplômante, dont il sortira major en ne cessant de te répéter que vraiment, ce fut difficile en s’occupant du bébé la nuit (ta dépression post partum et ta phobie de ton gosse, on s’en cogne). Le supporter avec son petit CDI à 1200€ net. Gérer les comptes et ne pas comprendre pourquoi, à cause de lui, on est toujours toujours dans le rouge. Ne jamais sortir (la messe dominicale et le groupe de prière du lundi, ça compte pas). Prendre du poids, beaucoup trop. Vouloir reprendre des études (histoire de ne pas mourir). Et avoir un mari qui préfère chercher des renseignements en droit sur internet alors que tu es diplômée et spécialisée dans la matière. Perdre confiance. Retomber enceinte. Ressusciter. Et le jarter. « Aimer c’est tout donner, et se donner soi-même » ? Mouais, enfin bon. La limite de l’amour, c’est le sacrifice.

Aujourd’hui, j’ai toujours Foi en Dieu. Carrément plus en « ses » hommes. Dorénavant, ça se passe entre Lui et moi, sans intermédiaire, mort ou vivant. Et ça se passe ‘achement mieux comme ça.

Si au début, c’était difficile avec les garçons, ça va mieux. Commencer une vie de maman solo, avec tout ce que ça comporte de questions ne fut pas aisé. Mes Grumeaux sont des anges, des amours. Ils sont gentils, compréhensifs, plutôt obéissants, voire très, polis, respectueux, plein d’humour et d’attentions charmantes. Je n’ai plus peur de rester avec eux. Je n’ai toujours pas l’habitude de sortir avec eux, et j’ai encore l’envie de le faire sans eux, afin de ne pas rester dans ma bulle de « maman ». Mais ça va rudement mieux. Je ne les vis plus comme un obstacle à ma vie sentimentale. Monsieur, il va falloir faire avec. Si tu veux faire sans eux, il va falloir faire sans moi. Et ils sont encore trop jeunes pour se passer de moi : pour le moment, je m’organise en fonction d’eux. Tu verras, c’est pas si difficile, même pour un célibataire.

Aujourd’hui la dépression est loin, mais le burn-out frappe encore. Entorses récidivantes, tendinites, fatigue. Mais mentalement, j’ai la niaque. Les affaires (pros) reprennent (très) doucement. Je bouge en RP, pour retenter le Barreau. Tu vois, je ne lâche rien. J’aimerais rapprocher les enfants de leur père, mais mon petit doigt me dit que ça ne l’enchante guère : quelle sera l’excuse pour ne pas les prendre le week-end, ou les vacances scolaires ? Ha haaa ! A moi les mains courantes, ça va me plaire de ne plus me laisser faire.
Moi qui m’était jurée de ne jamais vivre à Paris … Faut jamais dire jamais.

J’ai en moi une joie, un désir hyper puissant, comme si de grandes choses se tramaient dans l’Univers. Sur cette route, j’ai rencontré des enfoirés et je les remercie : ils m’ont fortifiée. J’ai aussi rencontré des gens formidables. Je ne les citerai pas, mais j’ai eu l’occasion d’en taguer certains sur ce blog. Je pense à toi aussi à qui j’ai dit, au moins une fois que je t’aime, homme ou femme. En tout cas, merci, merci, merci. On ne dit jamais assez merci. Ou trop tard.

Je suis amoureuse de ma vie. Elle est truffée d’expériences qui me donnent envie d’aimer les gens, de les chérir. Elle est mutilée par les blessures où je puise la force d’avancer. J’ai envie de remercier ma vie, pour tout ce qu’elle a apporté de beau, et de douloureux aussi. Pour toutes les rencontres, même celle de mon Ex-Mari, c’est dire. Je suis si riche, si vous saviez.

 

Dans quelques jours, je fête 34 ans. Certainement seule. Dans les moments de transition et de bilan, on fait le tri. Et mes amis – ceux avec qui j’ai envie d’être, de me réjouir et de pleurer – sont loin. Je repars du début, comme une jeune adulte qui finit ses études, soutenue par l’existence des deux petits qui réclament que je leur construise un avenir. Je cours le risque de me précariser. Je m’offre le luxe de ne compter que sur moi et la Providence.

Un an plus tard, je suis devenue adulte.

Un an plus tard, je suis prête, je crois, à aimer.

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8 Commentaires

Publié par le 19 mai 2013 dans Grosso Modo ...

 

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8 réponses à “Un an plus tard …

  1. LaBelette

    19 mai 2013 at 14:47

    C’est un sentiment étrange que de lire en quelques paragraphes 1 an d’ultra accélération dans ta vie. Evidemment, on ne sort ni inchangé ni tout à fait indemne t’imagines c’est comme si tu t’étais propulsée à la vitesse de la lumière !
    Tu veux que je te dise : je crois bien que moi aussi je flipperais ma race de ma mère si j’étais à ta place. En d’autres temps j’ai connu ces carrefours de vie où on a le sentiment de perdre tous ses repères mais qu’il faut le faire. Le meilleur choix, c’est toujours celui que tu fais. ça aussi c’est une vraie leçon d’adultisme je crois…
    Quand bouges-tu, où en es-tu du projet ??

     
    • lagrossefernanda

      19 mai 2013 at 15:03

      Merci ma Belette
      Je cherche une colocation. Ce que j’avais trouvé dans le 95 me semble hasardeux.
      J’aimerais y être pour septembre pour les garçons. Et profiter de leur absence cet été pour déménager en paix

       
  2. mamzellelulu

    19 mai 2013 at 15:15

    Quel bel article. Un condensé certes mais tu es forte, très douée et tu y arriveras. Je suis admirative ! Et moi je suis fan de « je suis amoureuse de ma vie »…. plein d’espoir alors pour ta venue en RP mais je sens que ça va le faire 😉

     
    • lagrossefernanda

      19 mai 2013 at 15:23

      Hooo une p’tite nouvelle !
      Bienvenue 🙂
      Merci pour tes encouragements.

       
  3. pivoinecuisine

    21 mai 2013 at 09:46

    Je te le répète publiquement : tu es brillante.

     
  4. Nath Apolline

    21 mai 2013 at 17:57

    Chère Fernanda, un grand bravo pour cet article au style qui claque bien comme il faut ! Et surtout un joli coup de chapeau à ta capacité à rebondir et à empoigner la vie par les 2 cornes 😉 !!! 🙂

     
    • lagrossefernanda

      22 mai 2013 at 23:29

      Youhou ! Merci à toi. Tu sais tout le bien que je pense de ton oeuvre et de ton engagement. On en reparle bientôt ici et ailleurs. Merci beaucoup

       

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