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« T’es love ?  » ou l’Art d’être un Boulet

04 Nov

Décidément, ce mec a l’art et la manière de me poser les questions qui me font réfléchir. Pourquoi payer un psy ?

Je déteste qu’on me demande si je suis amoureuse. Ça me fout de l’urticaire. Non je ne suis pas amoureuse dès que je dis que j’aime un truc. C’est ça mon problème: j’aime. Point. Je ne fais pas dans la demi-mesure, l’hypocrisie. Je me donne à fond dans tout ce que je fais, dans tout ce que je suis. Je dis ça, mais même quand j’aime pas, je suis capable de faire l’effort d’aimer un peu … Trop conne.

Ce matin, je parle avec des keupines sur FB. La Comptable nous dit de penser que quand on demande un service, en face, il y a quelqu’un qui a une vie à vivre et des factures à régler. Bref, de consommer responsable. Ben je plussoie tant que je peux. Près d’un an après avoir taclé les pimbêches, je me retrouve encore à filer du conseil gratos. Ça ne dérange pas la personne en face que j’ai galéré sur les bancs de la fac à retenir des putains d’articles, à apprendre à chercher au bon endroit, à interpréter correctement. On s’en fout que j’ai encore des prêts étudiants à payer. On s’en fout de me déranger pour une question urgente alors que je suis déjà sur un dossier. On s’en fout que j’ai un examen difficile à préparer, en plus de m’occuper de mes fils seule. On s’en fout. Une jeune femme m’a proposé du troc, j’ai trouvé ça sympa et rigolo. Tu vois, je ne suis même pas chiante. Ce qui me touche, c’est qu’elle ait eu l’intention de se donner, elle aussi.

En amitié, je suis aussi un boulet. Je me donne de tout mon poids. Cette semaine, je me suis faite recadrer parce que je like trop et que je commente trop les interventions sur FB. Tu comprends, on ne s’est vues qu’une fois et des gens pensent qu’on est « soeurs » … Derrière ça, j’ai deux jolies filles de l’Est que je n’ai jamais vues, on se fait de grosses déclarations d’amour au téléphone, on parle de se voir. Elles sont capables de justifier l’amour que l’on se porte. J’en viens à me demander si je ne devrais pas faire un sondage auprès de mes « amis » FB et réels … Mais du coup, je me suis aussi demandé pourquoi je me faisais chier à être amicale, pourquoi je me fais chier à me donner autant si c’est pour me prendre des coups de battes dans le coeur. Enfin je dis que je me fais chier, je fais pas exprès. Quand je ne m’intéresse pas aux gens, ils le sentent bien. Je respecte le sentiment d’oppression (ouais, ceci n’est pas une interprétation) : chacun est libre de ressentir à sa façon. C’est même très bien de me le dire (toi aussi fais pareil, ça m’évitera de passer pour une conne, merci). Mais je m’interroge. Qu’est ce qui me pousse à m’intéresser aux gens, à leur histoire, à ce qu’ils ressentent, à ce qu’ils vivent, à leurs rêves. surtout quand en face, ils n’en ont manifestement rien à cirer de ce que je peux ressentir, voire vivre (ou alors putain, trop de discrétion tue la discrétion) …

Vient se rajouter à tout ça que je ne sais pas me comporter avec les gens. Je ne me sens jamais à ma place nulle part. Même quand je suis conviée par bristol, j’ai l’art de me pourrir la soirée à me demander ce que je fous là …

Et en amour ! Venons-en à l’amour !! Si tu as la réponse, je veux bien que tu me la donnes. Alors pour l’instant, je profite un max du complexe d’Oedipe de Petit Grumeau, parce que c’est quand même le seul mec ces jours-ci qui me dit que je suis son amour, que je suis trop belle et qu’il m’aime et veut dormir avec moi. Tu noteras comme moi-même que mon fils non plus ne veut pas m’épouser. Mais c’est quoi votre problème ???

Ça pour me baiser, faudrait presque je mette un système de ticket en place. J’ai beau vous dire que je suis nulle et que je suis une vraie étoile de mer, vous en battez les couilles (non mais je jure ! ). Mais dès qu’il s’agit de s’engager, bouh, dispersés comme des démons après un pschiiit d’eau bénite !

Alors c’est quoi l’histoire. Je suis un fantasme ou un boulet ? C’est comme si c’était une victoire pour vous de coucher avec moi. Pour le reste … D’ailleurs, j’aurais du lui répondre que j’étais love. Je connais déjà toutes les objections. Ça aurait été rigolo.

Alors je vais vous dire. Je suis épuisée. Réellement. Mes amies, mes vraies soeurs des Antilles et de l’Est me manquent ma race. Aucune d’entre elles, même celles dont je n’ai pas les nouvelles, ne m’ont jamais planté de couteau dans le coeur. Quand je suis au milieu d’elles, je suis dans un cocon protecteur. Cet été m’a fait un bien fou. Je pense que je ne vivrais pas aux Antilles en l’état de ma situation financière, mais j’aimerais y retourner, rien que pour me sentir aimée, ne serait-ce qu’un peu encore par elles.

En ce qui concerne le boulot, un site internet avec réponse et paiement en ligne arrive pour le premier trimestre 2013 au moins. Z’arrêterez de me prendre pour un libre-service. Parce que même une pute, ça ne te viendrait pas à l’idée de lui demander de te sucer bénévolement.

En matière d’amour, pas grave. On ne m’a jamais aimée (ou alors désigne toi que je te remercie sincèrement). Alors ça ne me manque pas réellement. Et ouais, vu comment j’ai une capacité manifestement hors du commun à donner du love (nan mais Sancta subita ou pas ?), je peux comprendre que tu flippes car tu n’es pas habitué.

Mais tu vois, moi aussi, j’ai besoin de me ressourcer. J’ai besoin de prendre des forces. J’ai besoin qu’on me console. J’ai besoin de dire mes secrets à quelqu’un (plutôt qu’à mon blog … pathétique). A force, je crois que la source va tarir. Bordel d’ailleurs, elle est où cette putain de source! Vous allez peut être arrêter de me faire chier tous autant que vous êtes.

Ce n’est pas d’être (trop) aimé qui tue. C’est l’inverse …

Je suis triste comme un automne pluvieux, là. Mais tu vois. Je t’aime quand même … Mais comprends que l’amour, pour moi, c’est inconditionnel.

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10 Commentaires

Publié par le 4 novembre 2012 dans Grosso Modo ...

 

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10 réponses à “« T’es love ?  » ou l’Art d’être un Boulet

  1. Mia Noï

    4 novembre 2012 at 14:03

    Oh ben… ma poule !

     
  2. Zebeb

    4 novembre 2012 at 14:38

    Je m’identifie avec beaucoup de ce que tu viens d’écrire. Surtout dans le domaine de l’amitié. Pour parler de ton expérience FB. « Cette semaine, je me suis faite recadrer parce que je like trop et que je commente trop les interventions sur FB ». Ça c’est TOP ! Je peux tout à fait comprendre que quelqu’un souhaite limiter l’audience pour certains de ses statuts et d’autres liens. Je comprends aussi le fait d’avoir plusieurs « cercles d’amis » et de partager les contenus différents suivant le groupe. Après tout, on fait ça dans la vraie vie aussi. Mais une fois on a partagé le contenu avec quelqu’un, comment peut-on vouloir contrôler le fait qu’il va liker ou commenter ? Autant de ne pas mettre l’info visible pour cette personne ! Je sais que « le malheur » des autres n’est pas une consolation, mais tu te sentiras peut-être moins seule si je te dis que la semaine dernière, j’ai pris une baffe alors que je voulais consoler quelqu’un. Et oui, une baffe tout simplement, parce que mes mots de consolation ne répondaient visiblement pas exactement à ses attentes. Ça m’a fait mail, mais je me disais « tu es trop sensible ». Je peux te dire qu’après la lecture de ton article aujourd’hui, je me dis que non. Pas du tout même. Merci et bon dimanche !

     
    • lagrossefernanda

      4 novembre 2012 at 14:47

      Exactement, je suis d’accord avec ton analyse. Et puis ça conforte ma sensation de n’être à ma place nulle part …
      Mais bon, là, je rigole parce que c’est à celui qui me consolera le mieux. Y’en a qu’un qui m’a fait mourir de rire, pour le moment !
      Pour ce qui est de consoler les gens, d’ailleurs, si tu trouves une formation « repérage des cons à l’oeil nu », je suis preneuse !

      Bon courage à toi et merci d’être venu (e?) partager ton expérience avec moi: me sens moins seule
      Bon dimanche !

       
  3. hélène

    4 novembre 2012 at 23:39

    Moi ça m’attriste de te savoir triste parce que non ce n’est pas juste, après ce que tu as enduré dans ta vie, après les combats que tu as gagné, après les efforts que tu fais, l’amitié que tu donnes, moi je dis que je serais la pour toi même si le temps me manque parfois, même si je l’avoue je n’aime pas le téléphone (oui des restes de mon boulot d’assistante de direction pfff), même si je suis loin, je penserais toujours a toi! Courage tu vas y arriver, et ce jour la moi je serais aux anges! Je vis la même chose en amitié comme au niveau professionnel alors je te comprends tellement bien! Bisous doux!

     
    • lagrossefernanda

      5 novembre 2012 at 16:20

      Non mais c’est clair qu’on va y arriver !
      Euh, arriver à quoi ? Devenir une garce ? looool
      Bisous Belle Hélène que j’aime

       
  4. Caroline

    16 novembre 2012 at 23:20

    Comme je vous comprends, comme ça me fait mal au coeur de lire ce que j’aurais pu écrire.
    Mais on continue à y croire hein ? renoncer ce serait trop bête (du gâchis)

     
    • lagrossefernanda

      18 novembre 2012 at 12:46

      Y croire, je sais pas trop … je sais pas faire autrement. J’essaie pourtant d’être méchante et mesquine, mais je n’y arrive pas très longtemps.
      Et puis sinon, mis à part aimer, quel serait le véritable sens de cette vie ? Je crois que je réussis plutôt bien la mienne, malgré l’épuisement général. Je peux au moins me flatter de dire que les gens qui m’entourent sont heureux, car je contribue, même un peu, à prendre soin d’eux, à être là.
      Après, j’ai des amis, des amies, des connaissances, des que je connais pas (comme vous) adorables et qui me donnent de cette chaleur qui fait vivre.
      Et au passage : merci à vous !

       
  5. Epsilon

    26 novembre 2012 at 09:03

    Et voici le gros con qui arrive …

    J’ai lu et relu la majorité de tes articles, et je viens comme un connard enfoncer le clou.
    En tant que blogeuse (auto-voyeuse de ses propres sentiments), tu es pour moi une allégorie mélancolique, un sourire teinté de spleen. Tu me laisses à chaque fois un goût sucré-salé, et c’est sans doute pour cette raison que tu déclenches une telle tension sexuelle auprès des hommes. Un peut comme un star de cinéma coincée dans une réalité qui ressemble à un rôle, la tentation de coucher avec le mythe est grande, mais combien ont les épaules assez larges …

    C’est étrange, tu me fais penser à l’invitation au voyage de Baudelaire « là où tout n’est que luxe, calme, beauté et volupté » … Et pourtant il y à là, la mélancolie d’une femme qui en à marre de se faire mener en bateau. Et c’est au point qu’elle est devenue elle même cette mélancolie.

    Je ressent une sincère compassion pour ton histoire …et bla bla bla, mais contrairement aux autres commentaires je ne vais pas t’encourager mais te mettre en garde.

    Si jamais tu perds le sens de l’humour accompagné d’une certaine forme de mégalomanie (seul fil qui te sépare de la démence) t’es foutue.

    J’espère qu’on poura se voir un jour ainsi je pourrai mettre un visage sur le mythe.

     
    • lagrossefernanda

      27 novembre 2012 at 22:51

      Je suis z’émue aux larmes …C’est beau ce que tu dis. C’est moi ça le machin luxueux, voluptueux, toussa ? Bowdel, je suis pas arrivée alors …

      On se verra un jour. Tu seras déçu. Je suis pas mégalo mais hyper timide

       

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