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Tous les hommes de ma vie

24 Oct

Aujourd’hui je me suis réveillée et j’ai su. 

Je sais, je pense, pourquoi les mecs abandonnent aussi vite la partie. J’ai un arrière goût vintage. Etre vintage ce n’est pas suivre une mode, ni avoir quelques accessoires pouvant faire croire que tu as une pseudo culture passéiste.

Ce goût vintage, c’est le goût subtil de l’élégance. J’ai grandi et baigné dans l’élégance, la vraie. 

Je n’ai pas connu porter des jeans pour courir dans l’herbe. J’étais une petite poupée toujours « habillée » le dimanche, en robe charleston. J’allais ainsi chez ma grand-mère et je pouvais passer des heures dans sa chambre. Le parfum de sa poudre de riz, mélangée à la naphtaline. C’était l’odeur de l’amour, ma madeleine de Proust. 

Quand j’étais petite, on faisait dans le durable. Les meubles durables en bois massif. Les parfums durables comme « Pour un Homme » de Caron, celui de mon grand-père. Les voitures durables, comme l’Antiquité, cette 504 de Papa, qui a succédé à la … 304. Les vêtements durables aussi. 

Quand j’étais petite, pour aller jouer le dimanche chez mes cousines, je portais des petites robes Charleston, loin de leurs jeans-basket. Impossible de vous trouver une photo qui n’en soit pas une caricature : elle est longue, légèrement sous les genoux, une coupe droite et comme ceinturée aux hanches (ta gueule hein, j’ai pas le DU de blogueuse mode, moi ! ). So precious … 

Du coup, lorsque j’ai été en âge du premier ciné entre copines, je ne te dis pas la tehon. J’étais mal à l’aise avec toutes ces filles en jean et tee-shirt Scorpion. Je semblais si guindée dans ma jupe en lin et mon petit haut en dentelle. Sans compter que j’ai passé la totalité de ma scolarité en uniforme, je n’avais guère d’occasion de m’habiller aussi « casual » : les jeans, c’était pour prendre l’avion vers Paris, les vacances …

Alors, quand je suis partie faire du shopping avec une amie et qu’elle a sorti un pantalon fuseau en je ne sais quelle matière bizarre et un tee-shirt difforme, je n’ai rien dit. Mais j’ai failli vomir quand elle a précisé que c’était pour aller travailler. Je ne m’imaginais pas une DirCom fringuée comme une souillon sur son lieu de travail. Ma grand-mère était conseillère à la banque et crois-moi, pas un jour sans son tailleur et ses talons aiguilles. Suis tombée de haut.

Voilà pourquoi je te dis que j’ai un arrière goût de vintage. J’ai fait un long travail sur moi-même, tu l’as un peu lu sur les pages de ce blog. J’en arrive à cette conclusion : je suis faite pour passer les époques. J’ai toujours rêvé d’être né et d’avoir vécu « avant ». Avant ce culte de l’éphémère. Pour moi l’élégance, c’est être capable de durer, de tenir bon, de braver le temps. Etre élégant, c’est dire à l’autre : « je suis là, je suis spécialement là, je me respecte car je sais qui je suis et je te respecte, car je sais ce que tu vaux ». 

Etre élégant c’est donc être loin du cliché moderne où tout le monde se ressemble. Sortir dans la rue fringué comme le Maître Swagger n’est pas donné à tout le monde. Beaucoup y aspirent, peu ont la confiance en soi suffisamment affirmée, trop se sentiraient déguisés. 

Etre élégant est d’abord un regard sur soi-même, alors qu’aujourd’hui, la mode porte l’accent sur le regard d’autrui. 

Je m’en viens te dire que je m’en fous de sentir la naphtaline. Je m’en viens te dire qu’il est temps que je cesse d’avoir honte de moi. Ben ouais, pardi. 

Je me sais parfaitement féminine dans un look masculin 70’s revival (comme Papi, le Caron en moins). Je me sais à tomber en talons aiguilles et corset (comme Mamie, avec le même rouge à lèvres ).  Mon père, aussi bizarre que cela puisse sembler, a toujours choisi mes soutiens gorge, car il avait une haute estime de ma féminité. Mes copines portaient Princesse TamTam quand à 11 ans déjà, je portais les dentelles de Lise Charmel. Si l’habit ne fait pas le moine, il y contribue.

En dehors de mon uniforme scolaire, je portais du sur-mesure, même pour les chemises de nuit. Le prêt-à-porter, ce n’est pas pour moi. Ce n’est pas du snobisme. C’est juste moi. Je t’ai tout dit de moi finalement en te parlant de mes fringues. Je suis unique, droite, bien coupée, une ligne pure afin que toujours tu saches où tu vas. En Weston comme en stiletto, j’avance d’un pas assuré car je sais où je vais.

 

Il n’ y a pas de hasard, finalement, dans les rencontres, même virtuelles. En regardant ses photos, j’ai senti les odeurs, j’ai de nouveau touché les matières. Cet univers est celui de mon enfance, ce salon de swagg, c’est un peu ma maison : Monsieur O’Malley, je vous remercie. Au plaisir de vous embrasser … quoique … Bruxelles c’est loin …

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2 Commentaires

Publié par le 24 octobre 2012 dans Grosso Modo ...

 

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2 réponses à “Tous les hommes de ma vie

  1. L.O.G.A.N

    24 octobre 2012 at 13:38

    Pas tant que ça …

     

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